• Bruant des neiges © concours photo (Normand Boucher)
    Pic mineur
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    Aider les oiseaux à passer l’hiver

    Texte rédigé le 8 novembre 2013

     

    Vous avez travaillé tout l’été pour aménager votre jardin pour les oiseaux et vous avez sans doute eu la chance de les voir voltiger près de chez vous. Mais, à l’approche de la saison froide, comment aider nos amis ailés à mieux traverser l’hiver?

    Un petit coup de pouce pour se nourrir

    Même si les végétaux de votre jardin constituent un abri et une source de nourriture intéressante pour les oiseaux, ceux-ci ne suffiront probablement pas à nourrir vos compagnons ailés pendant toute la saison froide. Si vous habitez à la campagne, vous pouvez installer des cages à suif et des mangeoires contenant des mélanges de graines caloriques dans votre jardin pour les aider à prendre des forces et le poids dont ils auront besoin pour braver les températures extrêmes. Vous trouverez des mélanges « tout prêts » et des boules de graisse végétale contenant des graines dans la plupart des animaleries. Mieux encore! Vous pouvez même les préparer vous-même grâce aux nombreuses recettes disponibles sur les sites Internet spécialisés. Cette approche n’est toutefois pas recommandée dans la grande région de Montréal, car vous risquez d’attirer des animaux qui feront fuir les oiseaux ou des oiseaux non indigènes comme les étourneaux sansonnets. Évitez les mélanges de graines, car ils attirent les oiseaux exotiques tels que les moineaux, étourneaux et pigeons. Privilégiez plutôt les graines de tournesol noires non salées.

    Un petit truc qui fonctionnent où que vous habitiez.

    Prenez une bûche de 10 cm de diamètre minimum dans laquelle vous percerez quelques gros trous d'environ 3 à 4 cm de diamètre d'un seul côté de la bûche. Percez ensuite un petit trou aux deux extrémités de la bûche afin d'y visser des anneaux métalliques puis attachez-les avec une corde ou une petite chaîne en métal. Accrochez la bûche à l'horizontale, grâce à la chaîne, afin que les gros trous soient face au sol, il ne reste plus qu'à remplir les gros trous de suif.

    Pourquoi placer les trous face au sol?

    Tout simplement parce que les étourneaux auront de la difficulté à s'accrocher à la bûche et à y chercher du suif. Quant aux oiseaux indigènes tels que les pics, mésanges, sittelles et grimpereaux, chercher du suif sera un jeu d'enfant pour eux. Surveillez vos mangeoires pour vous assurer que vos visiteurs à plumes ont toujours de quoi se nourrir et nettoyez-les régulièrement pour éviter la prolifération de bactéries.

    Une source d’eau liquide

    L’une des choses dont les oiseaux ont le plus besoin en hiver, c’est de l’eau. Comme tous les autres animaux, ceux-ci ont besoin de s’abreuver et manquent souvent d’eau liquide en période de froid extrême. Ils peuvent se retrouver contraints à manger de la neige pour s’hydrater, mais gaspillent du même coup une grande partie de leur énergie pour la faire fondre. S’assurer que l’eau liquide reste accessible en hiver est donc indispensable. Mais comment faire? Plusieurs solutions, plus ou moins dispendieuses, s’offrent à vous :

    • Acheter un bain d’eau chauffé ($$$) : plusieurs systèmes d’abreuvoirs chauffés sont disponibles à la vente sur des sites Internet spécialisés comme lenaturaliste.ca. Ceux-ci vous permettront de maintenir l’eau de l’abreuvoir au-dessus du seuil de congélation.
    • Investir dans un dégivreur électrique ou fabriquer soi-même un système chauffant ($$) : placez une ampoule de 60 watts, branchée sur une prise de terre extérieure, dans un pot de fleurs enveloppé d’isolant et placez dessus la soucoupe accompagnant le pot de fleurs rempli d’eau. La chaleur dégagée par l’ampoule permet d’empêcher l’eau de geler.
    • Changer régulièrement l’eau de votre abreuvoir ($) : versez de l’eau chaude (non bouillante!) dans votre abreuvoir et rentrez le bain d’eau à l’intérieur chaque soir pour éviter qu’il ne gèle.

    Grâce à ces différents aménagements, vous permettrez aux oiseaux de passer un hiver moins difficile et d’arriver au printemps en meilleure forme! Cet article a été rédigé en collaboration avec Stéphan Deschênes, animateur scientifique au Biodôme.

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  • Dix des 40 bébés tortues des bois, transférées au Biodôme en septembre 2018, peu après leur éclosion dans les laboratoire du MFFP. À ce stade, les tortues sont gardées en groupes d'environ 10 individus, mais elles sont séparées quotidiennement pour permettre une bonne alimentation sans compétition intraspécifique. Nourries de vers-de-terre coupés en petits morceaux à volonté, l'objectif est d'encourager une croissance optimale.
    Credit: Biodôme de Montréal (Linda Paetow)
    Dix des 40 bébés tortues des bois
    Vue rapprochée d'une des tortues visibles dans la Photo 1. Pesant environ 10 g à son arrivée au Biodôme, un poids de 260 g est visé pour sa relâche éventuelle dans la nature, où elle atteindra, un jour, son poids adulte d'environ 1 kg.
    Credit: Biodôme de Montréal (Linda Paetow)
    Vue rapprochée d'une des tortues visibles dans la Photo 1
    Une des 52 tortues des bois élevées au Biodôme et relâchées dans la nature depuis 2016.
    Credit: Biodôme de Montréal (Odile Colin)
    Une des 52 tortues des bois élevées au Biodôme et relâchées dans la nature depuis 2016.
    Les relâches ont lieu après une courte période d'acclimatation au nouvel environnement, pendant laquelle les tortues sont protégées des prédateurs et des humains.
    Credit: Biodôme de Montréal (Odile Colin)
    Les relâches ont lieu après une courte période d'acclimatation au nouvel environnement, pendant laquelle les tortues sont protégées des prédateurs et des humains.
    Une tortue des bois adulte sauvage, capturée pour examen et installation d'un émetteur. Le suivi des individus par les techniciens du MFFP permet l'accumulation d'informations indicatives sur l'état de la population, les menaces pesant sur elle et les stratégies à adopter pour la protéger.
    Credit: Biodôme de Montréal (Odile Colin)
    Une tortue des bois adulte sauvage, capturée pour examen et installation d'un émetteur. Le
    • Dix des 40 bébés tortues des bois
    • Vue rapprochée d'une des tortues visibles dans la Photo 1
    • Une des 52 tortues des bois élevées au Biodôme et relâchées dans la nature depuis 2016.
    • Les relâches ont lieu après une courte période d'acclimatation au nouvel environnement, pendant laquelle les tortues sont protégées des prédateurs et des humains.
    • Une tortue des bois adulte sauvage, capturée pour examen et installation d'un émetteur. Le
    La protection d’une espèce à pas de tortue

    La tortue des bois (Glyptemys insculpta) est désignée espèce vulnérable au Québec. Les principales menaces pour sa survie sont la dégradation et la destruction de son habitat, la mortalité accidentelle sur la route, la destruction des nids par des prédateurs et leur capture à des fins de collection et de commerce. Depuis 2014, Espace pour la vie et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) collaborent sur un plan de rétablissement de l’espèce.

    Bijou de la nature

    Au Québec, on compte neuf espèces de tortues dont huit d'eau douce et une tortue de mer. Parmi elles figure la jolie tortue des bois, pertinemment nommée pour sa carapace brunâtre dont les écussons forment des anneaux de croissance au fil des ans. Pouvant atteindre jusqu’à 24 cm, la tortue possède une partie ventrale ornée d’orange, de jaune et de noir. Elle compte certainement parmi les bijoux de la nature! Elle a un mode de vie plutôt terrestre et est plus omnivore que les autres espèces. Habitant les rivières sinueuses et leurs pourtours, sa malheureuse répartition restreinte et fragmentée la rend vulnérable à de multiples menaces liées aux activités humaines. Heureusement, les tortues sauvages du Québec sont protégées contre la chasse, la capture, la garde en captivité et la vente, en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

    Rien de grand ne s’est accompli sans passion (Hegel)

    Mais depuis 2014, Espace pour la vie et le MFFP franchissent conjointement un pas de plus pour la conservation de l’espèce. Dans le but d’augmenter le faible taux de survie de cette tortue durant sa première année, le MFFP collecte des œufs pondus et les incube de façon artificielle en laboratoire. Peu après l’éclosion, les minuscules bébés sont transférés au Biodôme pour bénéficier d’un nourrissage à la main et d’un suivi vétérinaire pendant un à deux ans, soit le temps d’atteindre un poids de 260 g. Les tortues sont micropucées avant d’être relâchées près de leur site de ponte. On installe sur certaines d’entre elles un télé-émetteur sur leur carapace pour permettre l’évaluation des résultats de ces efforts.

    Malgré les risques que les tortues deviennent imprégnées de l’humain, qu’elles ne reconnaissent pas et ne fuient pas leurs prédateurs ou qu’elles ne réussissent pas à survivre aux conditions brusques de leur premier hiver qu’elles subiront pour la première fois, tout indique un fort taux de survie dans les années suivant leur libération. Selon Odile Colin, technicienne en soins animaliers, qui a peaufiné le protocole d'élevage au Biodôme, une soixantaine de jeunes tortues ont déjà été relâchées dans des milieux naturels. En septembre 2019, le Biodôme prévoit de recevoir un nouveau groupe de 42 nouveau-nés. Point de repos pour les passionnés des tortues!

    Vous aussi, vous aimeriez participer aux projets de recherche sur l'herpétofaune locale (faune composée par les amphibiens et les reptiles? Informez-vous sur le programme de conservation de l’Atlas des Amphibiens et Reptiles du Québec et partagez vos observations!

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  • Manchot papou (Pygoscelis papua), Lindblad Cove, Péninsule de la Trinité, en Antarctique
    Credit: Michael S. Nolan - Alamy Stock Photo
    Manchot papou (Pygoscelis papua), Lindblad Cove, Péninsule de la Trinité, en Antarctique
    Manchots royaux, île de la Géorgie du Sud
    Credit: Évelyne Daigle (Biodôme)
    Manchots royaux, île de la Géorgie du Sud
    Manchots papou, île de la Géorgie du Sud
    Credit: Évelyne Daigle (Biodôme)
    Manchots papou, île de la Géorgie du Sud
    Manchots royaux, île de la Géorgie du Sud
    Credit: Évelyne Daigle (Biodôme)
    Manchots royaux, île de la Géorgie du Sud
    Pygoscelis papua (manchot papou), Zoo d’Édimbourg, Écosse
    Credit: Creative Commons
    Pygoscelis papua (manchot papou), Zoo d’Édimbourg, Écosse
    • Manchot papou (Pygoscelis papua), Lindblad Cove, Péninsule de la Trinité, en Antarctique
    • Manchots royaux, île de la Géorgie du Sud
    • Manchots papou, île de la Géorgie du Sud
    • Manchots royaux, île de la Géorgie du Sud
    • Pygoscelis papua (manchot papou), Zoo d’Édimbourg, Écosse
    Les manchots, ces oiseaux qui se prennent pour des dauphins

    À de nombreuses reprises dans l’histoire de la vie sur Terre, des animaux terrestres ont acquis, après une longue évolution, des adaptations leur permettant de vivre dans les océans, un environnement riche en nourriture.  Parmi ces animaux, il y a les manchots, les dauphins et les tortues marines, mais aussi de nombreux groupes reptiliens contemporains des dinosaures.

    Pourquoi les manchots ne volent-ils pas?

    L’adaptation des oiseaux à l’habitat marin s’est effectué de différentes façons.  Les oiseaux marins n’ont pas nécessairement besoin de ressembler à de grosses torpilles dodues, comme les manchots, pour pouvoir parcourir les mers.  Certains d’entre eux, comme les albatros et les fous de Bassan, sont d’ailleurs d’excellents voiliers, parcourant facilement des centaines de kilomètres par jour.

    Alors pourquoi les manchots ne volent-ils pas?  Ils ont perdu leur capacité de vol, car des ailes courtes et rigides sont beaucoup plus efficaces pour nager rapidement et poursuivre des proies qui seraient inaccessibles autrement : poissons, calmars, krill.  L’avantage ainsi conféré contrebalance amplement la perte du vol.

    Pourquoi les manchots doivent-ils quitter la mer pour se reproduire?

    Tout simplement parce qu’ils pondent des œufs qui ne peuvent pas respirer dans l’eau (œufs amniotiques). Les manchots doivent trouver des terres émergées pour pouvoir venir y pondre et couver leurs œufs. Comme les terrains propices sont très rares au milieu du vaste océan austral, les manchots ont pris l’habitude de former de grandes colonies d’oiseaux nicheurs.

    Pourquoi les manchots ont-ils une posture dressée?

    Le manchot ne pouvait pas se permettre, au cours de son évolution, de perdre ses pattes au profit d’une queue (comme c’est le cas du dauphin), car il doit se déplacer sur terre.  Ces pattes sont d’ailleurs très puissantes, car les côtes rocheuses sont souvent abruptes et balayées par de forts ressacs.

    L’évolution a favorisé le déplacement des pattes vers l’extrémité postérieure du corps, au niveau de la queue, pour y tenir lieu de « gouvernail », alors que la propulsion est assurée par des ailes transformées en de fortes nageoires. 

    De cette adaptation singulière résulte une des caractéristiques les plus notoires des manchots : leur posture dressée. En effet, lorsqu’ils marchent, ceux-ci doivent absolument se tenir à la verticale afin de pouvoir ramener leur centre de gravité au-dessus de leurs pattes.

    Un effet secondaire de cette évolution est notre fascination pour ces oiseaux qui trottinent en position debout, semblables à de petits humains en tuxedo.

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  • Alliaire en fleur
    Credit: CIME Haut-Richelieu
    Alliaire en fleur
    Boisé envahi
    Credit: CIME Haut-Richelieu
    Boisé envahi
    Bouquet dense d’alliaire
    Credit: CIME Haut-Richelieu
    Bouquet dense d’alliaire
    Corvée d'arrachage d'alliaire pour préserver la biodiversité
    Credit: CIME Haut-Richelieu
    Corvée d'arrachage d'alliaire pour préserver la biodiversité
    Rosettes d’alliaire
    Credit: Biodôme (Andrée Nault)
    Rosettes d’alliaire
    • Alliaire en fleur
    • Boisé envahi
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    • Corvée d'arrachage d'alliaire pour préserver la biodiversité
    • Rosettes d’alliaire
    L’alliaire officinale : une envahissante méconnue

    Au palmarès des plantes envahissantes comme les redoutables roseau commun, nerprun et myriophylle à épis, il faudra en ajouter une nouvelle : l’alliaire officinale. Appelée communément herbe à l’ail ou Garlic Mustard, cette plante médicinale a été introduite dans nos jardins par les Européens qui l’utilisaient comme condiment car celui-ci dégage un goût d’ail. Actuellement, au Québec, elle connaît une importante expansion qui passe largement inaperçue. Grâce à ses petites graines, produites en abondance, elle entre discrètement dans nos érablières. En quelques années seulement, elle peut dominer le parterre forestier, à l’assaut de milieux naturels riches en biodiversité.

    Son secret : un cycle de vie court

    L’alliaire est une plante bisannuelle. Elle germe à la fin avril et produit une rosette de feuilles qui demeurent vertes, même l’hiver! Au début du printemps suivant, la tige florale pousse rapidement, atteignant parfois plus d’un mètre. En conditions optimales, un seul plant peut produire plusieurs tiges florales comptant plus d’un millier de graines qui seront dispersées le long des chemins et sentiers.

    La biodiversité de nos forêts menacée

    Cette espèce croît dans des conditions très diversifiées et tolère l’ombre, ce qui la rend très compétitive en milieu forestier. Phénomène rare, les racines d’alliaire produisent des toxines, les glucosinolates, qui affectent les mycorhizes du sol, nuisant à tous les végétaux à proximité (herbacées, arbustes et même semis d’arbres!). Le goût de l’alliaire déplaît aux cerfs, qui broutent plutôt la végétation indigène qui devient éparse, laissant toute la place à l’alliaire. Elle forme rapidement des colonies denses qui induisent des changements importants dans la composition végétale des forêts envahies.

    La lutte contre l’alliaire : la prévention a meilleur goût!

    L’alliaire est difficile à éliminer dans les sites gravement infestés où la végétation indigène se raréfie. Le réservoir de graines en dormance peut générer de nouveaux semis pendant plus de 10 ans, même si tous les plants en fleurs sont arrachés chaque printemps. Il faut alors déployer des efforts soutenus et revégétaliser. Heureusement, les plants isolés s’enlèvent facilement, prévenant l’expansion de l’espèce dans de nouveaux sites. C’est là que chacun peut contribuer! Gardez l’œil ouvert, on l’observe souvent dans les fossés, en bordure des routes ou des sentiers.

    Un plant d’alliaire s’arrache facilement, surtout dans un sol humide après un épisode de pluie. Il suffit de saisir le plant à la base et de tirer afin d’extraire la racine qui ressemble à une petite carotte. Placez les plants déracinés dans des sacs à ordure noirs et conservez-les en plein soleil quelques semaines pour que la chaleur les détruise (technique d’ensachage). Surtout, ne compostez pas, pour éviter que les graines ne se ressèment. Placez ensuite les sacs aux ordures. En juillet, lorsque les plants commencent à libérer leurs graines, on n’y touche plus! En les arrachant, vous risquez de disperser les centaines de petites graines à distance, aggravant l’invasion future.

    Des corvées pour contrer l’invasion

    Aux États-Unis et en Ontario, un important mouvement populaire, The Stewardship Network, a été créé pour stopper l’invasion. Au Québec, des corvées se tiendront bientôt dans le parc du Mont-Royal et au Boisé-des-Douze, à Saint-Hyacinthe. Participer à une corvée vous permettra de vous familiariser avec l’espèce pour ensuite protéger votre voisinage. Avis aux intéressés, nous formons actuellement une banque de bénévoles pour des corvées en Montérégie. Pour inscription, contactez : vdeschesnes@cimehautrichelieu.qc.ca

    Passez à l’action! 

    1. Apprenez à reconnaître l’alliaire officinale.
    2. Si vous l’observez, signalez sa présence sur l’application Sentinelle du MELCC.
    3. Évitez de la propager.
    4. Participez à une corvée d’arrachage d’alliaire.
    5. Partagez cette information avec tous vos amis!

    Dates des corvées d’arrachage 2019 :

    • Mi-mai à mi-juin : Montérégie, CIME Haut-Richelieu (banque de bénévoles)
    • 15 juin : Parc du Mont-Royal, Montréal
    • 19 juin : Boisé-des-Douze, Sainte-Hyacinthe

    Références :

    • Anderson, H. 2012. Invasive Garlic Mustard (Alliaria petiolata) Best Management Practices in Ontario. Ontario Invasive Plant Council. 30p.
    • Lavoie, C. 2019. 50 plantes envahissantes: protéger la nature et l’agriculture. Les publications du Québec. 415p.
    • Nuzzo, V. 1999. Invasion pattern of the herb garlic mustard (Alliaria petiolata) in high quality forests. Biological Invasions 1: 169-179.
    • Pardini, E.A., Drake, J.M., Chase, J.M. et T.M. Knight. 2009. Complex population dynamics and control of the invasive biennial Alliaria petiolata. Ecological Applications 19(2): 387-397.
    • Rodgers, V.L., Stinson, K.A. et A.C. Finzi. 2008. Ready or not, Garlic Mustard is moving in : Alliaria petiolata as a member of Eastern North American forests. Bioscience 58(5): 426-436.

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  • Pseudacris triseriata
    Credit: Biodôme de Montréal
    Pseudacris triseriata
    Pseudacris triseriata
    Credit: Espace pour la vie (Claude Lafond)
    Pseudacris triseriata
    • Pseudacris triseriata
    • Pseudacris triseriata
    La rainette faux-grillon : une espèce à protéger

    Quelle est cette grenouille qui fait régulièrement les manchettes dans la région de Montréal, la rainette faux-grillon? Il s’agit d’une minuscule grenouille de moins de quatre centimètres et dont les doigts sont munis de petites ventouses.

    En hiver, durant l’hibernation, la circulation sanguine et la respiration sont ralenties au maximum. Un antigel empêche les cellules de la rainette faux-grillon d’éclater. Ce n’est que lors de la hausse des températures au printemps que ces fonctions vitales reprennent à la normale.

    Autre fait étonnant, alors que les clairières et les champs inondés de la Montérégie sont parfois encore parsemés de plaques de neige, on peut déjà entendre les cris stridents lancés par les mâles rainettes faux-grillon. Un bruit semblable à celui que fait un ongle en passant sur les dents d’un peigne. Ce chant sert à attirer les femelles et signale le début de la saison des amours.

    Conquérir le dos de la femelle

    Pendant cette période, les mâles s’agitent, deviennent agressifs et se battent entre eux afin de gagner les faveurs d’une femelle. S’accrochant au dos de sa nouvelle partenaire, le mâle dominant repousse ses congénères à l’aide de ses pattes arrière. Parfois, comble de malchance, celui-ci perdra sa place au profit d’un mâle plus agressif. Lorsque la femelle se sent prête, elle pond ses œufs que le mâle fertilise aussitôt.

    Vulnérable petite grenouille

    Autrefois abondante dans presque toute la Montérégie, la rainette faux-grillon est aujourd’hui devenue très rare. De plus, en raison de sa petite taille, elle passe souvent inaperçue sauf lorsqu’elle chante au printemps. Comment peut-on expliquer que la population, encore nombreuse il y a une cinquantaine d’années au Québec, soit maintenant si faible ? La destruction de son habitat explique en grande partie ce déclin. L’étalement urbain et l’agriculture intensive sont aussi à blâmer. C’est d’autant plus grave que les seules populations de rainettes faux-grillon connues à ce jour sont, pour la plupart, isolées les unes des autres et ne comptent que très peu d’individus.

    En 2018, plusieurs études scientifiques démontraient que depuis les années 70, l’humain est responsable de la disparition d’au moins 60% de la biodiversité animale et végétale à l’échelle mondiale. Est-ce que la présence d’une espèce aussi petite que la rainette faux-grillon mérite que l’on fasse autant d’efforts pour la protéger? Jusqu`à quel point peut-on continuer à négliger la biodiversité comme nous le faisons depuis trop longtemps?

    Il faut savoir que toute nouvelle extinction d’espèce accélère la perte de la biodiversité à l'échelle mondiale. Aucune espèce n'est inutile. Toutes ont leur importance. Aussi petite soit-elle, la rainette faux-grillon joue un rôle important dans la chaîne alimentaire. C'est pourquoi il est primordial de continuer à protéger les forêts et les champs qui constituent son habitat.

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